Il fut un temps où les albums révolutionnaires provoquaient de véritables secousses sismiques. « Sgt. Pepper’s » (pas le meilleur album des Beatles mais le plus ambitieux) résumait ainsi son époque (le psychédélisme, la drogue, la libération sexuelle etc…) tout en élevant la pop musique au niveau d’un art. Il définissait en fait une nouvelle frontière, en créant une dynamique créative phénoménale. Tous les rivaux des Beatles se devaient dès lors d’essayer de faire mieux. Beaucoup échouèrent (« Their Satanic Majesties Request » des Stones: échec génial, « Smile » des Beach Boys : accident industriel et mental), certains y parvinrent par accident (« S.F. Sorrow » des Pretty Things) ou dans une indifférence flippante (« Odessey and Oracle» des Zombies). Pas facile de s’attaquer à la chapelle Sixtine armé d’un stylo bille.
En capturant l’énergie agonisante du punk et en prophétisant le cauchemar à venir (les années 80 s’annonçaient mal), « Closer » de Joy Division eut le même impact sur son époque : l’album fut la bible de tous les groupes new wave. Illuminé par la vision de Ian Curtis, Robert Smith décida d’écrire, avec The Cure, un nouvel évangile : la « trilogie glacée », (« Seventeen Second » 1980, « Faith » 1981, « Pornography » en 1982). Au sein de cette véritable pyramide inversée en direction du néant (après l’apocalypse « Pornography », The Cure reviendra à la pop avec « Lovecats » et « let’s go to bed »), « Seventeen Seconds » (qui dure en fait 35 minutes et 34 secondes) se démarque néanmoins. Aérien, minimaliste et cinématographique, l’album échappe aux turpitudes « existentialistes » – un brin complaisantes – qui plombent ses successeurs. Pour preuve ce visionnaire “Three” dans sa version finale et dans un mix alternatif :
PS : Depuis les années 80, peu de disques ont eu l’importance historique de « Sgt. Pepper’s » et de « Closer ». « Loveless » de My Bloody Valentine fut trop radical, son influence reste souterraine et ne ressurgit qu’aujourd’hui alors que le groupe refait surface. Et, pour le meilleur et malheureusement le pire, il faut bien reconnaître que « OK Computer » de Radiohead et « Is this it ? » des Strokes ont eux aussi changé la donne…
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Chère Karine, ton texte est très bon, intéressant et synthétique, tu devrais être secrétaire d’Etat. A demain soir.
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Attendons le prochain remaniement ministeriel:
Bob Sinclar à la Culture
Jean Marie Bigard à l’environnement
Chimène Badie garde des sceaux
Christian Clavier aux affaires etrangères…J’ai toutes mes chances
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La triste vérité est que Karine n’écrit pas ses textes : elle a un nègre comme Beigbeider…
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c’est alexis le tan qui lui écrit ses textes…
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Guillermo: Ministre de l’interieur
Divine Carole: Ministre des SportsJe veux ma rosette!
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Je veux bien être au commerce, y a p’tet une ouverture avec l’Amérique du sud.
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anyway, Robert Smith avouait que pour 17 seconds, il s’était aussi inspiré de Nick Drake et ce n’est pas si dur à concevoir finalement
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Heu… Their Satanic Majesties Request est a mon sens (oui c’est très subjectif, et surement lié a l’affect l’ayant masse écouté gamin) LE album des Stones… Marketinguement en plus la pochette du 33 tours est surement l’une des plus jolies qu’on a fait…
Donc quand on le compare au sergent tout pépère, y’a pas cliché, il l’éclate à plate couture…
De toutes façons, le pokemon Stones à vachement plus de pouvoir que le pokemon Beatles… la rareté de la carte (oui heu, tout est relatif je sais, mais on trouve plus de cartes Beetlez que d’Pierres) lui confinant surement un brin d’pouvoir en plus…
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