1974, UNE PARTIE DE CAMPAGNE (PART1)

En 1974, Valerie Giscard d’Estaing, commande au photo-reporter Raymond Depardon un documentaire filmé sur la dernière ligne droite de sa campagne à la présidence de la République. 
L’homme politique opte pour des méthodes et des procédés modernes et onéreux, une sorte de marathon à l’américaine qui séduira les français. 
Pas de chance pour Depardon, Giscard interdira la diffusion et la vente de ce document au grand public jusqu’en 2002. 
M’ayant procuré non sans mal le DVD récemment, j’ai décidé de poster ce film en plusieurs parties, en cadence hebdomadaire. 
Ce film est un bijou. Ca respire le vrai. L’univers médiatique n’étant pas aussi important en ce temps là que maintenant, on imagine nettement que l’intox n’était pas encore un complot entre journalistes et hommes politiques. 
Une grande leçon de reportage, tant dans la forme que dans le fond, donnant encore de nos jours un serieux coup de pied au cul à tous ces films type “in bed with” comme ce très désespérant et très minable film de Rodolphe Marconi sur Karl Lagerfeld par exemple.
Quand on dit “C’était mieux avant”, ce n’est parfois pas par hasard… 
  1. ce film est un must… hautement recommandable également “Urgences” qui documente la vie des urgences psychatriques d’un hôpital… dans un autre genre, tous les documentaires de frederic wiseman sont également des références en terme de documentaire.

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  2. J’entretiens un rapport compliqué avec l’oeuvre de Depardon (qui tour à tour peut me bluffer, me passionner – ses livres, souvent justes – ou me mettre en colère – comme à sa récente et calamiteuse expo de la Fondation Cartier)mais ce film est effectivement son chef d’oeuvre (la solitude de VGD le soir des résultats, seul devant la télé… Les bois où il emmenait ses maitraisses…), avec Urgences (big up à Guillermo de s’en être souvenu, c’est un Deoardon trop souvent ignoré et dans lequel il a trouvé immédiatement sa place: discrète, à hauteur de la douleur des patients – et San Clemente (asile). Partie de… a été interdit par Giscard pendant très très très longtemps. Marco a raison: une telle vérité en portrait politique, c’est impensable de vouloir l’obtenir aujourd’hui. L’Image a gagné du terrain.

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  3. oh la jolie faute ci-dessus sur “maîtresses”!Sorry, à partir d’aujourd’hui je m’interdis les comments avant le café noir du matin

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  4. Le truc le plus fou de ce documentaire c’est que Giscard en sort grandi, hautain mais intelligent. Depardon, comme bien souvent, a su en capter l’humanité. Les raisons de son interdiction à l’époque restent assez incompréhensibles. 1974 marque peut être en fait une rupture, celle où les politiques français se rendent comptent qu’ils doivent contrôler leur image.
    Urgences, San Clemente, Faits Divers, Numéro Zero… sans oublier les récents portraits de paysans, Depardon est toujours passionnant à part effectivement quand il s’attaque à la fiction.

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  5. En fiction, il a bcp de mal à tenir ses durées (quand étrangement les durées des plans sont tjrs justes dans ses docus), l’acteur l’encombre, le scénario l’emmerde, alors il capitalise tout sur le fait que pour photographier un désert il est quand même très fort. Et le film s’enlise.
    Les expos c’est un autre problème: les deux expos de villes pour Cartier souffrent du même défault: obtenir des budgets pour faire un tour du monde où chaque fois il ne resterait que trois jours. Persuadé qu’en trois jours, on a déjà tout saisi d’une ville et de ses habitants. Alors que tout son boulot au Tchad, dans différents déserts, à New York à l’été 81, au Liban durant la guerre, ou dans les terres paysannes, sont justement le contraire de ça: il faut se fondre dans le quotidien. Résultat: chez Cartier, des clichés vraiment limites (au Japon, à Miami, à Hong Kong t’es géné pour lui tellement il est dans le cliché total, et sans distance). Si j’ai bonne mémoire, dans un entretien formidable avec Hans Ulrich Olbrist, il disait se sentir plus à sa place dans les livres de phototgrapes que sur les cimaises des musées d’art contemporain. Disons que ses livres le prouvent. (mais comme ce mec est une contradiction vivante, se souvenir qi’il a par ailleurs été le curateur en 2006 d’un Arles litttéralement exceptionnel, où toutes les expos étaient intelligentes…).
    Sinon Giscard a quand même interdit ce film pendant près de 25ans, alors qu’il en sort, Karine a raison, grandi (comme chaque fois que l’on montre un homme de pouvoir, quel qu’il soit, dans la mélancolie de ce pouvoir acquis). Les conseillers en image sont des cons, donc.

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  6. heu, les gars, j’ai un peu mal à la tête ce matin (j’ai noyé la mort de mon chat), mais vous êtes sur, Depardon, le documentaire, la vérité etc… ? “une telle vérité en portrait politique”, cohue grouillante de métaphores métonymies montages, masi il n’est pas écrit “portrait politique réel”, c’est vrai, c’est juste que la tonalité du post, mais je l’ai sans doute mal lu, fait un peu sous l’apparence du spectale , la vérité… , “L’Image a gagné du terrain.” ou est ce qu’elle en a perdu,
    “Giscard en sort grandi, hautain mais intelligent”, hautain, pas trop il me semble; intelligent, on le savait déjà, mélancolie: j’ai plus un souvenir de drolerie un peu ridicule, à la limite pathètique (ranger les fauteuils, aller chercher son pote qui attend en bas de chez lui en bagnole et aller serrer qqs mains sur les champs, propos stratègiques de campagne de niveau manuel de 1ere année BTS Force de vente plutot que de Sun Tzu et Clasewitz, alors qu’on voit des livres derrière lui..) plutôt qu’un portrait shakespearien, mélancolique et solitude du pouvoir… on est dans la bouffonerie qui se donne des airs de tragique, genre précieuses ridicules, bourgeois gentilhomme, ou un truc dans les idées reçues… je crois que c’est pour ça que Giscard a pas bcp aimé, “controler leur image”, c’est surtout que le régime de controle et de vérité de l’image n’était pas le même avant, non? je ne pense pas qu’il avait beaucoup plus de “vérité” “avant”,
    ah oui, j’en viens à l’essentiel, si AF commence à diffuser des films, ça sera pas mieux avant? ça suppose bla bla commentaires expo la fiction le réel plutot qu’un ou 2 “putain, la tracklist bordel”… a little less conversation, a little more zshare, mais ce que j’en dit,hein.. juste que je ne suis pas sur que le format blog, comment, post soit le meilleur moyen pour parler d’images, photo, ciné. dont acte d’ailleurs (bravo si vous m’avez lu jusque là), même avec les cafés que je me suis bus. des bises.

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  7. ThomaS TT, tu es gentil mais si on ne peut pas parler trankilou cinq minutes sans qu’on nous demande de poster un disque, on va finir con comme Bob Sinclar. Je relançe un café, t’en veux? Bises

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  8. Depardon.
    i only know and like une Femme en Afrique,
    you should watch it.
    on a trip through Africa the photojournalist and documentary filmmaker Depardon documents his desire he develops for a beautiful young woman who is a random journey acquaintance and demonstrates his professionalism by viewing the landscapes, hotels, train stations in a same poetic and realistic way.
    as i remember he is never in front of his camera.

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  9. Tu devrais essayer Soulseek, Thomas, tu verras, c’est très calme.bise.

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  10. bonjour,
    juste une précision : il me semble que Partie de Campagne est à l’origine un film de commande, commande de VGE. Celui-ci n’a pas jugé bon le sortir par la suite pour diverses raisons. Mais utiliser le terme “interdire” est un peu fort. D’autant plus que si vous lisez des interviews à ce sujet, Depardon n’y a pas trouver à redire et ne s’est pas opposé du tout à cette décision.

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