Ce matin, je me suis réveillée et j’étais morte.

Ce matin, je me suis réveillée et j’étais morte. Ceux qui me connaissaient un peu vous diront : « Karine a toujours été une morte vivante lugubre, rien de nouveau sous la pierre tombale. Merci ». À quels signes reconnaît-on que l’on est morte ? Votre déodorant ne fait plus d’effet? Les asticots grouillent sous votre peau ? Vous êtes poursuivi par vos intestins ? Les mouches vous appellent « Maman » ? Oui, mais encore ? Perso je pense que l’on est vraiment morte quand la musique ne suscite plus aucune émotion en vous. Mes proches m’ont enterré avec mon MacBook car la mairie de Paris a eu la bonne idée d’installer un réseau Wifi au Père-Lachaise. Je reste donc connectée et suis attentivement l’actualité musicale à travers les nombreux blogs qui s’en chargent (cela fait bien longtemps que la presse ne fait plus que du publi reportage ou suit Pitchfork). J’écoute donc de nombreux morceaux postés avec amour par les internautes et télécharge à la volée les albums qui me paraissent intéressants. Mais passé l’excitation de regarder l’évolution de la barre de téléchargement, mon cœur reste froid. Les morceaux s’entassent sur mon disque dur dans une indifférence morose. Le dernier Kanye West ? Gang Gang Dance ? L’album solo d’Alexis Taylor ? TV on the Radio? Quelques Mo de plus. Ni plus ni moins. Je les écoute deux, trois fois, en pense parfois quelque chose de vaguement positif ou négatif, puis passe au suivant car un nouveau téléchargement vient de s’achever. Sur le réseau, la boulimie a eu raison de ma curiosité.
De mon vivant, ces disques auraient suscité de la colère (« 20 euros pour cette merde !») ou de l’émerveillement (« Merci mon Dieu pour Kraftwerk, vous n’étiez pas obligé »), je les aurais écoutés en boucle ou jetés violemment à la poubelle. Aujourd’hui au fond de mon tombeau, j’organise consciencieusement mon itunes comme un petit cimetière de la musique (chaque artiste a sa concession) en accès direct avec la fosse commune (quand elle est pleine, je la vide sur un disque dur externe).

Pourquoi la musique a t-elle perdu son pouvoir enchanteur ? Parce que la technologie a tué tout désir en moi. Je ne me rappelle même plus la dernière fois où j’ai attendu impatiemment la sortie d’un disque. J’ai pourtant le souvenir précis d’avoir acheté The Queen is Dead le jour de sa sortie à Londres dans un HMV, C’était alors un événement national (souvenez vous de l’article historique de Nick Kent dans le NME) ou Psychocandy à la FNAC des Ternes avec une copine de classe (celle qui m’avait fait découvrir les Smiths justement). Acheter un disque m’inscrivait alors dans une histoire : celle de la musique avec ses mythes, ses codes, ses filiations. Cliquer sur un lien zshare m’inscrit aujourd’hui dans une autre histoire : celle de la surabondance. Une phase terminale où l’offre est illimitée, gratuite, disponible en permanence dans n’importe quel endroit du monde, digérée et jetée après avoir été consommée. En fait, depuis que je suis morte, j’ai basculé dans un système Wahrolien où tout est équivalent : Carl Craig = Jean Sébastien Bach = Liane Foly.

Vous allez me dire qu’il est facile de jouer au fossoyeur quand on mange déjà les pissenlits par la racine. Et bien vous avez raison. La musique sera toujours plus forte que mon désir de l’enterrer vivante à mes cotés. Theo Parrish, le Jésus de la musique noire (désolé Kanye mais la place est prise), a eu la bonne idée de me visiter au moment où j’étais entrain de downloader l’intégral de Dead Can Dance et de Mort Schumann. Il m’a dit : « lève-toi et danse ». J’ai obéi, ressuscité, et me suis mis à gigoter, tel un Lazare des discothèques, sur ce vieux tube de François Valery :

  1. tu devrais écouter les mp3 de the heart of stax ça te remonterais le moral

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  2. j’adore cette black qui danse avec la guitare synthé !!

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  3. Parfois, je me dis que le concept même d’album est dépassé, dématérialisé ou pas. Des blogs musicaux comme le vôtre ont eu leur petit effet sur moi. J’accumule moi aussi des petites crottes mp3, je m’en fais des compil’ à thème et j’aime ça. Cela peut paraître fou en 2008, mais je grave toujours. Au moins, je suis sûr de m’y retrouver sans devoir lever mon gros cul pour sauter un titre ou cinq.

    Sinon, j’arrive quand même à dégoter quelques LP fascinants que je n’hésite pas à acheter (je suis con hein ?).

    Tu réfléchis trop Karine. C’est mauvais pour la santé. Le titre de ton post aurait du être “Ce matin, je me suis réveillée, et je me suis trop pris la tête (de mort)”.

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  4. liane foly egale bach…. Pas d’accord ,jean seb a gardé son vrai visage jusqu’à la fin…Merci pour francois valery pas pire que souchon des bises karine,vous ecrivez tres bien

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  5. Karine, je te fais un Zshare rapido de morceaux arabes de 1925 pour que même le passé et encore plus les voyages te semblent une abbération. Alors là seulement, ça pourra commencer à devenir intéressant: quand tout aura fondu.
    Sinon François Valéry (il est lié à Paul Valéry, je me souviens plus?), big up absolu. Il est tellement sexy.

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  6. Merci pour la dédicade de mes posts heart Of Stack. De la bonne vieille funk avec des synthés bass et des voix mielleuses restent un format encore bien unique !
    m

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  7. Franchement Karine on a passé l’âge pour une nouvelle révolution musicale.Quand on visionne le dvd de Justice, ça laisse effectivement perplexe… Celà étant un bon sound system à la maison permet de se délecter des all time classics, même si je suis moins dehors niveau clubbing j’ai vécu de très bons moments cette année (Fulton, Wilkins, Weatherall, Smagghe, François K, Supermayer, Loud E,Ata, Fuegel, Kotey et j’en passe) sans oublier des lives déments (Hot Chip, Poni Hoax, Turzi, Pubic Ennemy, Portishead…) Il m’arrive encore de limite pleurer sur de bons morceaux (woman/it’s a fine line) ou de danser tout seul comme un con à la maison (piano magic version Joakim qui me dit que mes 10 ans d’abandon dans cette culture n’ont pas été vaines) ce qui me fait dire que la musique reste passionnante. Et dans le déluge de sorties il reste chaque année des ovnis qui resteront (Baxter Dury, MGMT, Hot Chip encore). Par contre effectivement, une nouvelle révolution musicale au sens sociétal parait plutôt improbable pour l’instant.

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  8. Le funk, c’est juste une basse et 2,3 mecs qui parlent de cul.

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  9. Der Diablo , tu es dans le vrai.

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  10. Karine,L’album de Fuck Buttons réveille les morts!

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  11. karine t une sale pute

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  12. Ce matin, je me suis réveillé et j'étais encore drunk and dead in vegas. Aurais-je écouté tous ces merveilleux disques ces heures durant sur mon pod? surement pas. Et ce qui suscitait de la colère, ça n’était pas la musique mais tous ces gens qui auraient aussi bien pu se draguer sur François Valéry. Ce genre de colère qui m'a rappelé celle que je vivais dans le collège ghost world de ma province, où mes condisciples, loin de me faire découvrir les Smiths, se repassaient le 45 tours de Don Quichotte (j’ai un souvenir précis de ce disque parce qu’en fait, j’aime bien cette chanson, mais à l’époque je ne le savais pas encore, donc, disons, de The Final Countdown). Et grâce à laquelle je me suis souvenu quel petit con prétentieux je fais encore aujourd’hui. Cool. Cette nuit, j'étais réveillé et j'étais jeune. Avec mythes & codes (filiation, non merci). Blah blah mis à part, dans les clubs, la technologie est la même depuis bien longtemps. Si, comme toi, je m'ennuie souvent devant mon mac célibataire, il m'arrive parfois d'applaudir le dj. Ou de le pendre, c’est selon. C’est que dans les clubs, heureusement, on se distrait moins. Karine, you're right, let's have a party!

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  13. Ma vieille Karine,

    ce qui me touche le plus dans ce que tu écris, ce n’est pas tant la proximité avec ce que je ressens chaque jour à propos de l’état de la musique, mais surtout le fait que j’ai moi aussi acheté des disques à la Fnac des Ternes (à l’époque de Psychocandy, c’était encore la Fnac de l’avenue de Wagram, souviens-toi), que j’y ai rencontré un vendeur qui m’a appris le Velvet par coeur, la proximité entre Ash Ra et Spacemen, la beauté banale des Pastels, la façon dont il fallait s’habiller pour aller dans les boutiques de disques punks pour ne pas se faire jeter, que tout cela était aussi amplifié par mes lectures des magazines, des journaux, des dernières pages de Libé – Et je me souviens autant de mon premier concert de New Order que de l’article paru le jour même dans Libé et intitulé : “La Mutuelle des anciens de Joy Division”. Un titre pareil, personne n’ose plus en inventer, parce qu’on penserait que Joy Division est un groupe inconnu de tous. Et alors ? Je n’ai jamais voulu lire des choses sur des groupes que je connaissais, mais au contraire sur ceux dont j’ignorais presque tout. Aujourd’hui encore, pour simplifier, c’est sur Theo Parrish que j’ai envie de lire des choses, pas tellement sur Kanye West. J’ai envie de mieux connaître la musique africaine ou arabe, et pas vraiment de relire un énième papier sur Nick Drake (que j’adore toujours autant) ou sur Fela.

    Bref, vingt ans après la Fnac des Ternes,j’aimerais bien trouver un marchand d’ipod ou d’ibook qui me fasse faire le même chemin et un magazine musical qui m’accorde un minimum d’intelligence de lecture et ne rabâche pas la même chose que son voisin. Mais je crois que c’est peine perdue.

    Joseph

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  14. Ah si Marco dos santos pouvait réouvrir le Paris-Paris d’un geste magique, tel Moise écartant les eaux avec un mp3, et organiser à nouveau les batailles d’ipod avec Tekilatex ça remonterait un peu le moral de karine et celui de l’industrie du disque!!!

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  15. Mais arrêtez les gars !!

    S’enthousiasmer pour Theo Parrish c’est comme porter aux nues le machin de Carl Craig qui reprend Ravel et Mussorgsky. Des anciens de la techno qui essayent de se persuader qu’ils sont des Artistes avec un grand A. Désolé mais pour moi Theo Parrish ou Carl Craig en 2008 ils peuvent rejoindre Thom Yorke ou Björk dans la queue des vieux qui veulent devenir Chevaliers des Arts et des Lettres.

    A l’inverse, le dernier album de Kanye West est parfait : production pointue, chant habité, démarche artistique radicale. Alors OK il a refait un morceau pour les fans, c’est un bouffon, on peut plus facilement le moquer que Theo Parrish etc…

    J’ai chez moi plein de curiosités obscures. Mais la force n’est pas toujours du côté obscur et en l’occurrence, le disque de la fin de l’année c’est bien le Kanye West, arrêtez de faire les snobs.

    Karine je t’aime mais là je crois que tu fais erreur.

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  16. No No music is good today
    and The shoppings is really la Meilleure Groupe Francais from the five last years. Better than Kanye West

    check this
    http://www.youtube.com/watch?v=H4n878uEy5Q

    big up to Marco dos antos! Genius! love your style…
    http://www.youtube.com/watch?v=IQj8VOZPnqc

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  17. Allez voir Fuck Buttons en concert, vous allez voir si la musique a perdu son pouvoir enchanteur… (enfin, si ça n’est pas déjà fait, hein)

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  18. ” Karine, je te fais un Zshare rapido de morceaux arabes de 1925… “
    Tu peux me l’envoyer aussi stp, c’est exactement ce dont j’ai besoin en ce moment.
    Il n’y a pas assez de post avec de la musique arabe ici !!!

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  19. Joe,
    C’est peine perdue (pour le magazine), hélas. On aura pourtant tout essayé, mais là les fonds marins sont atteints…
    Carole divine,
    je m’en charge….
    Karine,
    Tiens bon, on te rejoins très vite

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  20. Le disque est un objet récent et localisé. Jusqu’au milieu du 19ème, le son n’existait pas sous forme d’objet, et nombre de traditions musicales ont ignorées le disque. Est-ce que la musique a été moins bonne sans disque ? Non, évidemment. Le disque c’est mort, ça va devenir comme les 78 tours maintenant : un objet pour collectionneur et autres fétichistes. C’est comme ça. Tout ce qui va avec les disques va aussi disparaître : les labels tels qu’on les conçoit actuellement, les contraintes de durée et de distribution liées à ce support, les pratiques d’écoute, etc. Est-ce que la “qualité” va baisser ? Je ne vois pas très bien pourquoi. Personnellement j’ai découvert la musique avec le disque (entendu comme ensemble de chansons faisant un tout, une œuvre), ça m’a apporté de très grandes joies mais je regrette pas du tout de vivre cette disparition. Pour le cinéma c’est un peu pareil d’ailleurs : l’objet « film » tel que l’entendait la cinéphilie classique est en train de mourir. Et les deux revues qui en France ont fait accéder « l’album » et « le film » au statut d’œuvre d’art sont mortes aussi, évidemment : les Cahiers du Cinéma et les Inrockuptibles – leur “objet” a disparu. On verra bien ce qui est en train de sortir de ça… Il nous faudrait un Daney critique musical pour penser un peu tout ça.

    Ceci dit beau texte, la mélencolie sur ce genre de sujets donne souvent de belles choses.

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  21. hey les, trentenaires dépressifs, les comments sur ce post me font flipper. vieillir ne signifie pas qu’on renonce à quoi que ce soit ou à faire de concessions au confort bobo (le trip clubbing à la maison “avec un bon sound system” apès avoir dîné dans assiettes carrées me fait flipper) vieillir c’est surtout ne pas perdre son enthousiasme, sa spontanéité, sa fraîcheur, sa capacité d’indignation. malgré le ton de son post, Karine n’a perdu aucune de ces qualités, je me fais plus de soucis pour les gens qui postent des comments ici…

    PS joseph, le mec de la fnac des ternes dont tu parles, c’est juste ce qu’on appelle un passeur, si ce type n’existe plus, tu l’as remplacé (et plutôt bien)

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  22. larouchefoucosmic, juste un petit retour sur l’album de kanye west que j’ai pris le temps d’écouter à plusieurs reprises. franchement j’aurais adoré aimer cet album (j’aime beaucoup american boy) et je n’ai aucune fascination particulière pour les disques “obscurs” mais là c’est encore un piège tendu aux hipsters bobos qui peuplent la presse musicale (et ce blog peut etre). cet abruti de kanye west à découvert quasi en même temps la dépression et le mode d’emploi de l’autotune. waouhh. c’est ça un grand disque pop avant gardiste (et mélancolique) ? c’est dingue de voir à quel point dès que le moindre producteur sort des autouroutes formatées du rap ricain on crie au génie. Pou moi ce disque fait pschiiit comme le ballon représenté sur sa pochette, c’est juste une bande son pour les cours de danse de Mya Frye… J’adore la musique noire quand elle est faite par des gangsters (biggie smalls, snoop) des pédés (sylvester) des drogués (nina simone) ou des fous (sun ra), Kanye West est juste un yuppie du music business qui a eu bobo à son coeur et à décidé d’en faire un disque. quel intêret ? Rendez-nous R Kelly. Pour revenir à Theo Parrish, il est bien plus qu’un “vieux de la vieille”, c’est un des artistes les plus brillants de sa génération, sa discrétion est inversement proportionnelle à son talent ce qui n’est pas le cas de tout le monde, n’est ce pas Kanye ?

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  23. “Des anciens de la techno qui essayent de se persuader qu’ils sont des Artistes avec un grand A”

    larochefoucosmic, plutot que d’ecrire des conneries pareilles, et des encore plus grosses dans ton magazine favori (“le jeune qui pousse : victor, 17 ans, organisateur des soirées underage”, laisse moi rire)

    achete les derniers remixes de carl craig, ou va voir mixer theo parrish, laisse tomber tes préjugés de pseudo journaliste et arrete de vouloir paraitre plus branché en ecoutant du méta- mainstream.

    oui, l’album de kany west n’est pas pourri, il l’est juste un peu moins que les autres, ce qui fait tout de meme de lui un album nul.

    ecoute un peu le godfather guillermo, il dit rarement des conneries…

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  24. j’ai eu les mêmes réactions, et puis je me suis dit que c’était des problèmes de riches, au lieu de gratter mes plaies je suis allé faire autre chose, et progressivement le plaisir musical est reviendu.

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  25. oui, enfin je ne suis le godfather de rien et je précise que même si je ne suis pas toujours d’accord avec les choix de notre ami larochefoucosmic, je trouve très bien qu’il les exprime et les défende ici, rien de pire que l’unanimité…

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  26. Cher Bobby Peru ce n’était pas “le jeune qui pousse” mais “le jeune qu’il pousse”, nuance de sens que tu aurais dû apprendre au primaire. Par ailleurs, je ne vois absolument pas à quoi tu fais allusion quand tu parles de “branchitude” et de “méta-mainstream”. Que signifie ces mots ? Peux-tu me les traduire en latin ? Vois-tu, je suis moine dans le Poitou et relis actuellement le “De musica” de Saint Augustin. Ton post n’effleure pas ma robe de bure : allez, j’excuse tes péchés si bassement humains.

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  27. bon, faut arrêter avec cette mélancolie du disque quand même! L’industrie du disque n’a juste qu’un siècle et heureusement qu’elle se pète la gueule! Place aux artistes et virez moi ces vendeurs de disques et ces journalistes de connivence qui ne commentent que des salariés qui ont des disques à vendre!
    Place aux artistes sur scène! Prenez les scènes d’assaut, exprimez vous! Combien de fois avez vous été déçu par un pseudo-artiste qui ne valait pas un clou sur scène alors que vous aviez adoré son disque? Cela ne vous l’a pas laissée amère, cette arnaque artistique? Avez vous continué à écouté ces disques sereinement sans vous demander, mais qu’est-ce que c’est que ces merdes qui n’assurent rien sur scène?
    Non,il faut définitivement remettre le disque à sa place : ce n’est qu’un support de diffusion cristallisé par l’industrie du disque fait pour vous faire baver sur certains produits que bien trop appellent artistes, bien au chaud dans le confort de votre individualisme, et vous éloigner des scènes et des artistes, là où il se passe quelque chose, là où il y a du partage, de la vie, du social, du risque!
    Le disque est un support qui ne remplacera jamais la scène, encore faut-il que le public, les amateurs de musique puissent sortir de leurs bulles et accéder aux scènes, en tant qu’auditeurs, mais aussi en tant qu’acteurs de scène. Ce n’est pas la mort de la musique, ce peut devenir une réappropriation de la scène!

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  28. ouais c’est vrai que Dyonisos c’est quand même vachement mieux qu'”Atom Heart Mother”, “Berlin” ou “Computer World”

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  29. Mort Schumann Can Dance.
    Paul Mc Cartney is dead (le 11 septembre)
    Bruce Willis is dead.
    James Brown is dead.
    Debout les morts.
    Klaatu is back.

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  30. Même si je vais radoter, y a des trucs mortels qui sortent aujourd’hui. Il faut juste chercher un peu plus loin que pitchfork et compagnie. le dernier BORIS est dingue* (http://www.myspace.com/borisdronevil), pareil pour le nouveau Fennesz, le Sunno)))…

    PS: on peut aimer Carl Craig ET Bach sans pour autant verser dans le relativisme musical.

    Nico

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  31. Raté : Sunn o))), Boris et Christian Fennesz sont très bien défendus (pour ne pas dire activement soutenus) par Pitchfork depuis leurs débuts.

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  32. Ca fait 10 ans que la musique est morte (dans ce sens qu’elle n’invente plus de mouvements, radicalement nouveaux), vous êtes un peu en retard je crois finalement. Ce n’est d’ailleurs à mon avis pas exactement dû à la baisse de la demande liée à l’effondrement du marché du disque. C’est plus profond que ça. Les nouveaux courants musicaux ont pu voir le jour grace à l’émergence de nouvelles technologies (electrification de la musique, dans les années 50, puis tout ce qui a trait à l’électronique, dans les années 80, pour schématiser), technologies dont les avant-gardes pop, underground, se sont appropriés l’usage, en en faisant quelque chose de subversif. Il ne sert du reste à rien de trop intellectualiser cela puisque la nature même de l’esprit rock était de vivre ces révolutions comme si elles allaient de soi – le rêve et l’utopie riche de leurs propre force. Une certaine innocence. J’ai près de trente ans, et la fin des années 90, cette innocence je ne la sentais plus. Il y a eu à mon avis un basculement, « post-moderne », à cette époque, où le rock ne fédérait plus rien (pouvez vous me citer un seul groupe de rock à la fin des années 90 à peu près écoutable ?), où la techno est devenue mainstream, pour le meilleur et pour le pire, où le hip-hop s’est noyé dans le mythe gangsta. Il n’y avait plus que le r’n’b, Timbaland et ses putes, je trouvais ça cool, sans m’y reconnaitre tout à fait. Je dirais qu’il y a eu un trou noir, un moment où la jeunesse n’y croyait plus. J’étais jeune à cette époque. J’avais raté les raves, j’avais raté Nirvana, Kurt Cobain s’était flingué. Je découvrais Daft Punk et Aphex Twin, ces petits autistes géniaux, dans mon coin, moi-même autiste – je voyais tout de même dans cet autisme un ultime retournement punk. La génération nerd arrivait et imposait son individualisme ronronnant, tendrement asubversif. C’était ça notre révolution. Ecouter Madonna et trouver ça génial.

    Bon. J’aime bien les gens mélancoliques, qui ne font pas semblant d’aimer une époque assez pauvre musicalement. J’ai trop entendu ces dix dernières années ce positivisme béat consistant à dire que la modernité restait passionnante, et que régulièrement sortaient des disques magiques (ce qui reste vrai tout de même), que c’est tout ce qui importait. Tant qu’il n’y a pas d’imposture, je suis ok, mais quand la logique de l’ensemble de l’industrie musicale consiste encore à nous vendre l’énième ersatz de quelque chose qui s’est déjà fait il y a quarante ans comme quelque chose de frais ou de neuf, je frémis un peu dans mes chaussettes. Donc merci Carole. Et c’est quelque chose qu’on commence à reconnaitre, dans les médias, dans les discussions, quand il s’agit de parler de musique. Enfin. C’est plutot sain.

    Il ne s’agit pas pour autant d’être tourné vers le passé. La zombification de la musique produira bien sur ces prochaines années son lot de merde, mais aussi d’autres Zombies, d’autres Freaks, revenus d’outre-tombe, sauront prendre des libertés, d’une manière belle et vivante. Il y a bien deux trois morceaux de Crystal Castles jouissifs, il ne faut pas désespérer.

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  33. Très cher Guillermo,

    Tu ne veux plus venir diner dans mes assiettes carrées ?

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  34. Cher Larochfoucosmic,
    j’envie ton enthousiasme, mais je ne peux m’empecher de penser que cet album (Kanye West, ‘The resurection’) ne merite pas l’importance que tu lui donnes.
    Et puis Theo Parrish, Carl Craig et les autres, qu’ils soient vieux, cons ou moches, on s’en fout, il y a 10 fois plus de passion dans n’importe lequel de leurs morceaux que dans l’intro de l’album de ton pote, le pote des potes des ‘dafts’. Fais-en l’album de l’annee si tu veux, nous on fait un after dans la chambre d’hopital de Pornochio avec Theo.

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  35. Fuck it…

    Just shut up and dance !

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  36. Si pitchfork kiffe sunn, boris & fennesz, alors tant mieux. les dernières sorties de ces artistes désamorcent juste le "oulala la musique est morte il y a dix ans".
    Maintenant on est peut-être noyé dans la quantité de trucs dispos en téléchargement mais le ratio daube/tuerie doit être le même qu'avant. Ensuite si vous vous faites chier avec kanye west et tekilatex, c'est normal : c'est de la merde.

    Nico

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  37. Anonyme : “blablabla LA SCENE quoi ouais LA SCENE y a que ça de vrai blablabla”.
    Tu sais comment les Américains appellent les gens comme toi ? Des ‘scenesters’.
    Va expliquer à Joe Meek, Phil Spector, George Martin, Brian Wilson ou Norman Whitfield qu’il n’y a que la scène qui compte…

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  38. Moi je pense que Paris a besoin d'un grand magasin de disque, un endroit ou les gens peuvent se rencontrer, discuter, decouvrir des disques sans avoir l'impression d'etre pris en otage, et de se sentir obliger d'acheter tel ou tel truc.

    un magasin agreable, ou ya des canapés, des platiens pr ecouter des disques, un lieu de vie et de rencontre avant detre un lieu de consommation.

    le probleme c'est que personne n'achete de nouveautés en vinyls auj, a part les djs, et paris n'est pas londres, nest pas berlin, paris est saturé de wannabee qui passe du mp3. qui veut mettre 10e pour un Runaway ou pour un Mickey Moonlight? Et a Londres?

    mais je persiste a croire que paris possede assez d'amoureux de musique pr acheter (en vrac); les dark&lovely, les edbanger, les karat, les dfa, les perlon et kompakt, les domino, les moxie, les rephlex, les warp, les eskimo, les tigersushi, les ktdj, etc

    en fait, un phonica a republique, tt simplement.

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  39. La bise à tout le monde (sauf à l'”anonyme” qui m’a traité de “sale pute”). On se retrouve au Social Club le 17 janvier pour enterrer ma vie de jeune fille.

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  40. Merci pour ta dédicace j’essayais d’écrire en “texto”
    et c parti trop vite

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  41. mais karine, qui es tu vraiment?

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  42. Cher Gabriel, je suis flattée d’être citée, mais je pense que tu confonds Karine et Carole. C’est dingue mais dès qu’il y a deux jolies filles dans la même pièce, on les confond…

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  43. Merci pour tes bisous fair-play, Karine. Certains vont sans doute imaginer que ça fait pute, mais pas moi. Juste pour te signaler que j’y suis moi aussi allé de ma plume si tu as quelques minutes à perdre.

    A bientôt 😉

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  44. De la bruyère : L’ennuie est entré dans le monde par la paresse…

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