Dernière séance

Depuis qu’ils ont transformé les cinés en fast food, mémé ne traîne plus trop dans les salles du quartier. Avant, vous la croisiez sur les boulevards, un Pariscope à la main, cochant religieusement les programmes avant d’aller à la messe. À l’église, vous ne pouviez pas la manquer: toujours à la même place, sur la même rangée, tricotant en attendant que la nuit tombe. Depuis que la caissière a été remplacée par un distributeur, on ne la voit plus. Ceux qui l’ont bien connu spéculent: “elle serait devenue aveugle”, “ses neveux la séquestrent”, “elle n’a jamais connu le code de sa carte bleue”. Le plus souvent on se débarrasse vite fait de son souvenir en glissant à voix basse un “Alzheimer” entendu et définitif.
Pourtant, la vérité est plus prosaïque: Mémé aime bien manger, mais commander un menu Tarantino, à la place d’un bon vieux Losey à la sauce Anglaise, ça n’est pas trop son truc. Trop gras, trop épais, elle n’arrive pas à digérer. Rien à faire, ça ne passe pas, la culture pop lui pèse sur l’estomac. De toute façon, son dentier la fait souffrir, elle n’arrive plus à mâcher.
Dans la solitude de son meublé, elle préfère désormais se préparer un plateau télé (ses neveux lui ont appris à télécharger, ils adorent les séries télé). Halelujah! Elle peut à nouveau se gaver, downloader via rapidshare tous les films qu’elle rêvait de voir quand elle n’était encore qu’une petite fille. La promiscuité avec des inconnus dans l’obscurité ne lui manque pas. Les films projetés non plus. De toute façon, après l’office, elle a toujours détesté jacasser avec les grenouilles de bénitier.
Pourtant mercredi dernier, certains disent qu’elle aurait craqué sur un Happy Meal “Inglorious Basterds” avec une poupée Adolf Hitler à l’intérieur. D’autres certifient l’avoir entendu grincer du dentier durant la séance, lançant des “quelle daube” à intervalle régulier et des “quelle quiche” à chaque apparition de la petite Française qui ressemble à une souris. La plupart imaginent volontiers Mémé espérer, à l’instar du climax douteux de ce film gateux, que la salle s’embrase avant la fin de la projection et qu’elle parte enfin en fumée. Mais le navet n’a eu aucun effet. Quand les lumières se sont rallumées, Mémé avait déjà disparu. On ne l’a jamais revu.

  1. Karine vous n'êtes vraiment qu'une petite femme publique, Mélanie Laurent vous râpe peut être les muqueuses avec un éplucheur à Parmesan, mais les critiques gratuites sur une prétendue comparaison avec un rongeur, aggravent votre cas…;j'apperçois ici la bassesse d'une femme jalouse d'un certain manque d'attention géneral….ai-je tort?Est-ce que petite vous vous amusiez a déguiser votre animal de companie(un chat dans votre cas je suppose)avec des vêtements de poupée ainsi qu' à l'épiler avec de la cire brésilienne?

    Non blague à part c'est vrai que Inglorious est fortuitement à chier, mais c'est pas une raison pour s'abaisser au niveau redactorial d'un des bovin de chez Techknikart.

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  2. Mélanie Laurent a vraiment une face de souris, sorry.

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  3. Alan Capote, tu devrais encourager la réforme de l'orthographe, ça rendrait tes attaques moins tristes.

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