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PILOOSKI – Isola
Vinyl + Digital out 25/09/2015 on Dirty / Kompakt

Au débu t des années 30, le magnat de la presse Dominique Willem Berretty règne encore sur les Indes Néerlandaises. En partant ddigitalu bas de l’échelle, ce fils d’instituteur né en 1890 a réussit à bâtir un empire médiatique en suivant la seule devise « Activité, Activité, Vitesse » qui résonne alors comme un appel futuriste à inventer un monde nouveau où l’information est plus pressée que la lumière et où l’on célèbre la modernité en appuyant sur l’accélérateur. Mais les commandes d’une agence de presse (baptisée Aneta pour « Always number one in spite of everything ») qu’il pilote a toute allure lui échappe soudainement : son monopole exaspère les politiques, ses rivaux veulent sa peau. C’est au moment où son royaume s’effondre qu’il mandate en octobre 1932 l’architecte Wolff Schoenmaker afin qu’il lui bâtisse le palais de ses rêves : la villa Isola au nord de Bandung. D.W. Berretty ne profitera que quelques mois de son joyau art déco. Le 20 décembre 1934, ruiné, il s’envole pour l’Europe à bord d’un DC-2 Uiver afin de vendre Aneta au plus offrant. Il n’arrivera jamais à destination : la première machine volante équipée d’un pilotage automatique se crashe sur la ville d’Ar Rutba en Irak.

En remontant le fil du temps et de ses souvenirs (notamment ceux d’un voyage au Vietnam), Pilooski, que l’on a connu en duo avec Discodeine ou en solo avec la série des Dirty Edits, a fini par pousser les portes de la Villa Isola : le vestibule mène à deux escaliers en colimaçon qui enserrent un fronton où l’on peu lire, gravée dans le marbre, la sentence M’ISOLO E VIVO (« je m’isole et vit »). Au premier étage une vaste salle de réception semi-circulaire s’ouvre sur des jardins à la française. Face à la baie vitrée, des fauteuils club ont été disposés avec une régularité maniaque autour d’une table ronde. Sur l’abattant d’un piano à queue, on remarque une Vierge Marie en verre dépoli et aux murs des huiles de canaux hollandais voisinent avec des aquarelles de la jungle environnante. Dans le bar constructiviste situé à l’étage supérieur, Berretty a fait installer un projecteur de cinéma. Cocktail à la main, regardait-il avec ses invités l’Inhumaine de l’Herbier, le Tabou de Murnau ou Les lumières de la ville de Chaplin ? Nul ne le sait.

Pour cette salle de projection, Pilooski a imaginé quatre bandes originales qui doivent autant aux émissions de radio pour insomniaques qu’aux histoires à écouter pour enfants. Avec en tête l’album Eden’s Island d’Eden Ahbez, il a réuni autour de lui les récitants suivants:

Jarvis Cocker (Pulp) a choisit un extrait du livre rouge de Carl Gustav Jung, Judah Warsky a écrit un hommage au soleil et à la lune, Narumi Hérisson (Tristesse Contemporaine) lit un passage de la nouvelle Sakura No Mori No Mankaï No Shita d’Ango Sakaguchi, l’écrivain Simon Liberati (Anthologie des apparitions, Jayne Mansfield 1967, Eva) un fragment de l’une de ses 113 études de littérature romantique.

Quatre morceaux de spoken word exotiques et minimalistes sur lesquels Clément Froissart joue de la flute, Axel Lecourt des percussions et Julien Vichnievsky de la guitare. L’ensemble compose Isola,le nouvel EP de Pilooski.

Artwork : Laurent Fétis & Sarah Martinon

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By Balthasar Refleksie Habibi

Pelle di Luna (Italian Pop Songs and Obscurities pt.2) by Balthasar Refleksie Habibi on Mixcloud

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enjoy

Ed Wreck – Guillaume (dirty/alainfinkielkrautrock) by Ed Wreck on Mixcloud

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Here : http://win.gs/16vRxw4

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L’italie

La Doppia Faccia “Alibi”, 1979 – Harmony records, Milan

Thanks to @Michelecesana for the tip!

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