Life is white : Alex Chilton is dead


All the people i like are those that are dead“, chantait Felt, mais en ce qui me concerne tant qu’Alex Chilton était encore en vie ça n’était pas vrai. Ce n’est plus le cas : son cœur a lâché dans la nuit.
Ceux qui ont eu la chance de grandir et de se constituer en écoutant Third/Sister lovers, le 3ème album de Big Star (un des disques les plus émouvants qui soit par un des rares groupes au monde, avec le Velvet, à n’avoir enregistré à peu prés que des chef d’œuvres) ne s’en étonneront pas: plus au coeur des choses que Chilton, il n’y avait pas. Il était une leçon d’effondrement.
Il avait écrit Third quasi seul (Chris Bell et les autres s’en étaient allés) à 25 ans, déjà démoli, déjà lessivé, se souvenant qu’il avait été peu de temps auparavant un lycéen star (The Letter des Box Top, tube américain) et encaissant mal l’insuccès incompréhensible de son groupe. En guise de consolation, l’exploration de l’héroïne.

Après quoi, ce fils d’une galeriste de Memphis (William Eggleston, qui lui réservait ses pochettes, exposa là ses premières photos) devint fou : en 1981, lors de la tournée Like flies on sherbert, il débarquait à l’aéroport d’Heathrow, pour un concert à Londres, en pyjama et sans ses musiciens. Il disparut quelques mois (on le disait à la plonge dans un resto ou chauffeur de taxi) revint sporadiquement, ravagé, le temps de produire le premier Cramps ou pour refaire une poignée de disques New Rose sans plus y croire tout à fait : avec la fin de Big Star en 73, il entamait le premier jour du reste de sa vie (il faut dire: avoir enregistré un disque aussi beau et nu sans que personne toutefois ne veuille le sortir pendant des années…).

Un soir, vers 1986, au Heartbreak Hôtel de Sete, un club où pour rejoindre les loges les groupes devaient traverser toute la salle, Chilton eut à affronter 300 ou 400 fans qui ne voulurent pas le laisser descendre de scène et l’obligèrent à jouer trois heures durant tous ses tubes en puissance, tous ses morceaux magnifiques mais restés à jamais maudits: Holocaust, Nightime, Life is white, Morpha Too, Big Black Car, Free again, Bangkok, Take me home and make me like it, Kangaroo. Tous ceux qui étaient présents ce soir là – et bien d’autres encore – dont pas mal ont fait des groupes: Teenage fanclub, Replacements, Bangles, Posies, Jacobites, Bad Seeds, Soft Boys – ne savent plus trop où ils en sont, ce matin. Tous pleurent. Thank you again.

Alex Chilton – The EMI song (Smile for me)
Big Star - Nightime
Big Star – Life is white (demo)
Big Star – Thank You Friends (demo)
Alex Chilton – Walking dead

Tags:

  1. Triste, triste nouvelle…

    Reply

  2. R.I.P. Alex!!!!!

    Reply

  3. Cliquez sur ma gueule pour aller télécharger "FIFTEEN YEARS OF CHILTON", une sélection de vingt titres enregistrés entre 67 et 82.
    Tous les morceaux de SISTERS LOVERS ont été exclus, parce que je suis déjà assez triste comme ça, et puis parce que cet album doit se vivre dans son intégralité.

    Reply

  4. Tout à fait d'accord, sur Sister lovers. J'envisageais en fait de faire un post chilton depuis un an mais je n'arrivais pas à choisir trois ou quatre titres sur les 30 au moins que j'adore. Les circonstances ont voulu que ce matin à la va-vite je choisisses ceux-là (deux au moins sont plutôt rares), mais j'ai songé cette aprem à une compil d'une heure. Tu l'as faites, je cours voir ce que tu as choisi d'y mettre

    Reply

Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>